13 Fév 2012
"J'ai 28 dents dans la bouche. J'en avais 32 avant. Je me suis fait arracher les quatre dents de sagesse un matin de printemps vraiment trop tôt, ça m'a coûté les yeux de la tête. Je suis revenu chez moi, à l'heure où normalement je me réveille, la face en sang. J'ai passé trois jours, rares, à ne rien dire et j'ai réalisé qu'après des années à penser à des disques et à des livres tout le temps, je n'avais aucune assurance dentaire.
Une nuit, je faisais de la fièvre et j'ai halluciné l'idée d'avoir une assurance collective avec P572, ma compagnie de disque. J'ai fait des calculs pour me rendre compte que je n'allais jamais générer de profit en enregistrant des disques. Peu de temps après, mon père, Rock Murdock, qui venait d'avoir 60 ans, s'est fait arracher la moitié des dents de la bouche et est resté plusieurs moi sans pouvoir les remplacer.
C'est alors que j'ai eu l'idée de faire quelque chose de simple et de concret. Un livre d'illustrations avec tous ceux qui m'inspirent, accompagné d'une série de brosses à dents Musique et Révolution pour tous mes amis.
32 illustrateurs pour 32 dents. Un petit recueil noir et blanc qui va au-delà de la musique. Un objet pour me rappeler, matin et soir, qu'il faut prendre le temps de faire des choses importantes et belles"
Sam Murdock
Pendant Bord'images (du 3 au 19 février), BD Fugue expose les tirages d'art de ces 32 illustrateurs, réunis par Sam Murdock, fondateur du label P572.
P572 est une compagnie de disques de la ville de Québec. Une compagnie qui croit en la musique, l'art, les livres, le hip hop, les couleurs, les formes, les spectacles, les jeux vidéos, le reggae, les bateaux, le punk, le théâtre et tous ces amis qui ont un talent incroyable. P572 c'est deux amis qui sortent des disques et des livres depuis 2004.
1 Fév 2012
BD Fugue innove, BD Fugue tente l'expérience, et propose désormais un petit choix (pour l'instant...) de Bandes Dessinées en anglais!
Pour commencer, nous avons choisi quelques auteurs underground américain ultra connus:
Charles Burns (Black Hole, Big Baby, Toxic...),
Daniel Clowes (Mister Wonderful, The Death-Ray, Wilson...)
Chris Ware (Jimmy Corrigan, Acme Novelty...)
Seth (George Sprott, Wimbledon Green...)
etc...
Mais également des Bandes Dessinées plus récentes et plus accessibles, telles que:
Habibi de Craig Thompson, Gorazde de Joe Sacco, Asterios Polyp de David Mazzucchelli, ou encore Maus de Spiegelman!
etc...
Sans parler de comics incontournables comme Watchmen, From Hell, l'intégrale de Bone...
etc...
Qui dit version anglaise, dit édition différente, couverture différente, parfois collector, parfois des bonus en suppléments, ou tout simplement le plaisir de voir la version originale!
Alors n'hésitez pas, venez découvrir notre tout nouveau rayon!
27 Jan 2012
Pablo, c'est Picasso d'avant la célébrité. L'expo universelle 1900 illumine Paris, et l'Espagnol qui n'a pas vingt ans va vite déchanter...
La misère aurait pu être noire, elle reste bleue grâce à un poète bizarre, épris d'absolu - Max Jacob - et à une femme, modèle pour peintres au Bateau-Lavoir, Fernande Olivier...
Une vrai empreinte graphique, une ambiance chaude et surréaliste, et ce récit à deux voix, qui nous fait attendre cette rencontre inévitable avec impatience...
26 Jan 2012
"La Lionne n'est plus à Catulle, c'est à Publius que je la loue désormais pour une durée de douze mois à partir de cette nuit. Je l'ai enfermée dans une chambre dont nous seuls avons la clé. Dans un an tu pourras peut-être t'assouvir dans sa gueule, mais en attendant tu n'as qu'à te contenter d'autre chose!"
"Le nouvel album cru et flamboyant d'une jeune auteure iconoclaste!
Rome, 1er siècle avant JC. Tandis que la peste guette la Ville Éternelle, les notables s'enivrent d'orgies où ils consomment tout ce qui leur passe à portée de main. Léa, dite La Lionne, est une courtisane. Pour Egnatius, son propriétaire, elle est une source de prospérité : après un coup d'œil ou un coup de rein, les hommes deviennent prêts à tout pour la posséder. Catulle le poète, Rufus le Grec, Samuel le Juif, tous sont tombés dans ses rets, et souffrent du fait que la belle soit déjà louée pour un an à l'obèse consul Publius Afranius. Quand celui-ci tombe raide mort, les amants de la Lionne aimeraient pouvoir se réjouir de la voir libérée de son engagement ! Ils déchantent vite en la voyant traverser la ville, emprisonnée, accusée du meurtre du consul...
Après "L’île au poulailler", diptyque sélectionné à Angoulême et plébiscité par la critique, Laureline Mattiusi nous offre son regard sur la Rome antique, des ruelles sordides de Subure au luxueuses pentes de l’Aventin. Un premier tome plein de verve, de gouaille et de désir, à l'image de sa provocante héroïne."
Visitez le blog de Laureline:
http://laurelinemattiussi.blogspot.com
Coup de cœur unanime de toute l'équipe de BD Fugue Bordeaux, Laureline et Sol nous ont livré une BD qui nous fait rire et nous entraîne dans une Rome Antique beaucoup moins académique et beaucoup plus vivante de réalisme! Sans oublier les couleurs sublimes d'Isabelle Merlet! Un régal!
25 Jan 2012
La vie d'Anna a radicalement changé: exit la petite serveuse de Harlem, place à la belle comédienne sur le pont d'un paquebot à destination de l'Afrique! Elle se découvre femme libre, heureuse et amoureuse...
Bientôt c'est le continent noir qui l'accueille en son sein. Une terre généreuse, d'une beauté à couper le souffle...
Anna se laisse bercer par l'immense espoir de retrouver son père. Pour ses compagnons e voyage, c'est la quête d'un autre père qui les anime: celui de l'humanité tout entière!
Un dessin élégant et travaillé, et une histoire poignante!
23 Jan 2012
Après nous avoir conté sa difficile enfance dans un foyer de l'Assistance Publique espagnole dans Paracuellos, puis sa jeunesse madrilène dans Barrio, Carlos Giménez nous fait découvrir ses débuts de dessinateur de bandes dessinées à Barcelone, dans les années soixante.
Un vrai régal!
18 Jan 2012
Vingt-cinq ans après la publication de MAUS (prix Pulitzer 1992), Art Spiegelman revient sur le chef-d'oeuvre qui a changé à jamais notre vision de la littérature, de la bande-dessinée et de l'Holocauste.
Art Spiegelman explore les questions cruciales soulevées par MAUS (Pourquoi l'Holocauste? Pourquoi les souris? Pourquoi la BD?) et propose une oeuvre essentielle sur le processus de création.
METAMAUS est accompagné d'un DVD comprenant la version numérisée de l'intégrale MAUS: un survivant raconte, assortie d'archives sonores très fournies des enregistrements de son père, survivant des camps, ainsi que d'une multitude de carnets personnels et de croquis.
Intime et fascinant, METAMAUS est appelé à devenir un véritable classique.
17 Jan 2012
Blessé au cours d'une mission dans le caucase, le sergent Frank Braffort regagne Paris après six ans d'absence. Il découvre une ville en pleine mutation orchestrée par le préfet Beauregard: Paris-Métropole. Une ville où le gigantisme rétro fait fureur et où se multiplient les "anomalies", évènements mystérieux que nul ne peut expliquer. Une ville qui va s'emparer de Braffort et lier leurs destins à jamais...
14 Jan 2012
Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et plein de poison; car, à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émantions mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre.
Préférant par paresse et facilité, être un pisse-copie plutôt qu’un poète sans le sou, Auguste Bretagne est feuilletoniste à la « Gazette de Paris ». Ce manque d’ambition littéraire provoque la risée des membres du Cercle des poètes zutiste (Rimbaud, Verlaine, les frères Cros…), qui ne manquent pas de multiplier à son insu des blagues d’un goût douteux. C’est d’ailleurs à l’une des réunions du cercle, qu’Auguste a rencontré d’Émily, une jeune et très jolie poétesse, dont il est follement amoureux. Autant Émily adore les soirées déjantées et excentriques des zutistes, qui souvent tourne en une déclaration de guerre envinée à l’encontre des Zaka-zaka, cette espèce nuisible d’artistes académiques à éradiquer, autant elle ne supporte pas en revanche le capharnaüm morbide (hibou empaillé, squelettes divers, corps non identifiés dans du formol…) qui règne dans la chambre en location où Auguste vit.
Et pourtant, c’est un endroit d’exception, un lieu extraordinaire : Isidore Ducasse, comte de Lautréamont y vécut et y mourut à l’âge de 24 ans. « Chaque atome de cette pièce est imprégné de sa présence ».
Une nuit, après avoir pris du peyotl, Bretagne et Rimbaud finissent au petit matin dans cette chambre, s’effondrant sur le lit. Est-ce dû à une hallucination ? Toujours est-il que Rimbaud entend jouer du piano et la voix de Lautréamont déclamer des vers à propos de sa verge. Ce serait donc le fantôme du comte de Lautréamont ? Auguste Bretagne n'est pas au bout de ses découvertes...
13 Jan 2012
"- L’hiver du dessinateur est l’histoire d’un combat pour la dignité et la liberté ; une bataille perdue par un petit groupe d’artistes qui se battent pour être maîtres de leurs choix, de leurs œuvres et de leur destin."
Dans l’Espagne de la fin des années 50, les dessinateurs vedettes de la Editorial Bruguera, le plus important éditeur de bandes dessinées du pays, quittent la maison d’édition pour fonder une revue entièrement autogérée, Tio Vivo, dont ils sont à la fois propriétaires, directeurs éditoriaux et principaux auteurs.
Tout en étant parmi les créateurs plus brillants et populaires du moment, ils fuient l’oppressante tutelle de leur tout-puissant employeur qui les tient en l’état de simples tâcherons du dessin. Payés à la page, et le moins possible, ils doivent au demeurant céder leurs planches à l’éditeur, ne possèdent aucun droit moral sur leurs créations et ne perçoivent aucun droit d’auteur. Ils ne sont pas seulement soumis aux contraintes de la censure franquiste mais, surtout, aux diktats émanant de la direction éditoriale, incarnée par l’intraitable Rafael González Martínez. Celui-ci leur impose ses choix en écartant tout projet qui n’entrerait pas dans sa ligne éditoriale mais il leur interdit aussi de travailler pour une maison concurrente.
Le rêve de liberté et d’autonomie de Tio Vivo ne dure pas longtemps. La revue est d’emblée soumise à la pression de Bruguera, qui n’hésite pas à publier des magazines qui la concurrencent directement, à en saboter la distribution, pour enfin venir à bout de la résistance de ses fondateurs et la racheter quelques années plus tard.
Fruit d’un long travail d’enquête et de documentation, l’épopée de Tio Vivo est racontée avec une finesse et une fraîcheur remarquables. Paco Roca, jeune dessinateur valencien, trace le portrait mélancolique d’un pays qui, à peine sorti de la guerre, commence à connaître l’euphorie de la société de consommation. Reflet de cette formidable transformation économique et sociale, Bruguera, petite maison familiale et refuge des persécutés du franquisme, va détenir en quelques années le monopole de l’édition de bande dessinée tout en exploitant sauvagement ses employés. Les dessinateurs de Tio Vivo incarnent alors cette partie de la société qui, une fois libérée de son extrême misère entame un nouveau combat pour sa liberté et ses droits.
Pétris de doutes et contradictions, de courage et de faiblesses, les personnages de Roca n’ont rien de manichéen. Brossés tout en nuances, ils donnent au récit une extraordinaire vitalité, bien au-delà de la simple évocation de l’âge d’or de la bande dessinée espagnole : à l’image du personnage de Rafael González Martínez, « l’homme au crayon rouge », ancien journaliste persécuté par le franquisme, devenu directeur éditorial tyrannique et chien de garde de la propriété de Bruguera. Victime et complice des bourreaux, il est le symbole d’un peuple deux fois vaincu et incarne l’archétype de tous les « hommes au crayon rouge » contemporains.
L’hiver du dessinateur a été la seule bande dessinée retenue parmi les 50 meilleurs livres espagnols de 2010 par un jury de journalistes, critiques et libraires. Il a aussi reçu les prix du meilleur album et du meilleur scénario à l’occasion de l’édition 2011 du Salon Internacional del Cómic de Barcelone.